All Title Author
Keywords Abstract


Investisseurs versus paysans locaux : vers quelle agriculture irriguée au Mali ? Investors vs. local farmers: the future of irrigated agriculture in Mali. The example of the sugar sector

Keywords: irrigated sector , agricultural development , accaparement foncier , private investors , paysans , périmètre irrigué , développement agricole , accaparement foncier , investisseurs privés , paysans

Full-Text   Cite this paper   Add to My Lib

Abstract:

Le phénomène d’appropriation foncière à grande échelle touche, depuis plusieurs années, le continent africain. Soucieux de moderniser leur agriculture et de trouver des capitaux pour la développer, de nombreux états ont fait le choix de recourir à des investisseurs privés étrangers. Au Mali, dans le plus grand périmètre irrigué d’Afrique de l’Ouest, des milliers d’hectares sont maintenant attribués à des investisseurs. Le Projet sucrier de Markala (PSM), issu d’un partenariat entre le gouvernement malien et un investisseur privé sud-africain, porte sur près de 40 000 hectares. Fort de nombreuses expériences en Zambie et en Afrique du Sud, premier producteur de sucre du continent, l’investisseur souhaite reproduire au Mali son modèle industriel : culture de canne à sucre en régie et avec des paysans sous contrat. Le projet entre en concurrence directe avec des paysans maliens pour l’accès à la terre et à l’eau. Il a en effet deux répercussions majeures : l’exclusion des paysans des parcelles et une compétition pour l’accès à l’eau. à partir des réactions paysannes, l’article analyse la cohabitation entre exploitations agricoles familiales et nouveaux investisseurs, ainsi que les disparités locales qui se créent. Alors que le gouvernement souhaite développer l’agrobusiness, l’accompagnement et la régulation des investissements sont peu effectifs. For several years, the African continent has been affected by large-scale land appropriations. Many governments have resorted to foreign private investors to modernise their agricultural sectors and raise capital for agricultural development. In Mali, which has the largest irrigated sector in Western Africa, investors now own thousands of hectares. The Markala Sugar Project (MSP), a partnership between the government and a private South African investor, covers some 40,000 hectares. Following initiatives in Zambia and South Africa (the continent’s largest sugar producer), the investor hopes to reproduce a similar business model in Mali: sugar cane production by the owner and under contract. The project competes directly with Malian farmers for land and water in two ways. It excludes Malian farmers from plots of land and competes with them for access to water. Using farmers’ reactions, the article analyses the cohabitation between family farms and new investors, as well as the local disparities that arise. At a time when the government hopes to further develop agribusinesses, investment regulation mechanisms remain ineffective.

Full-Text

comments powered by Disqus